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LA GRÈVE

Statchka

Un film de Sergueï M. Eisenstein

Une usine de la Russie tsariste, en 1912. Les conditions de  travail y sont insupportables et les salaires misérables. La révolte gronde chez les ouvriers et les patrons. Accusé à tort d’avoir volé un micromètre, un ouvrier se pend. Immédiatement, la grève est déclenchée…

Drame - Biélorussie - 1924 - 88 min

  • À propos

    Réalisé par Sergueï M. Eisenstein, La Grève s’affirme comme un premier coup de génie. Imposant immédiatement son esthétique formaliste, le cinéaste pose les bases du langage du cinéma russe, rejette la notion d’un cinéma d’acteurs et capte d’abord la révolte ouvrière comme un objet purement artistique. Un chef-d’œuvre intemporel du patrimoine cinématographique russe !

     

     

     

    EN CO-ÉDITION AVEC CARLOTTA FILMS, LA CINÉMATHÈQUE DE TOULOUSE DÉVELOPPE UNE COLLECTION DE DVD QUI LUI PERMET DE PARTAGER AVEC LE GRAND PUBLIC LA RICHESSE DE SES ARCHIVES. LA GRÈVE EST, APRÈS La Vendeuse de Cigarettes du MosselpromET VERDUN, VISIONS D’HISTOIRE, LE TROISIÈME TITRE DE CELLE-CI.

     

     

     

    CRÉATION MUSICALE ORIGINALE ET INTERPRÉTATION

    DE Pierre Jodlowski

    (COMMANDE DE LA CINÉMATHÈQUE DE TOULOUSE EN 1998)

     

     

     

    Commandée à Pierre Jodlowski par la Cinémathèque de Toulouse en 1998, la musique originale pour La Grève a été programmée dans de nombreux ciné-concerts en France et en Europe ; la sortie de ce DVD constitue l’aboutissement d’un travail engagé il y a 10 ans et témoigne d’une volonté croisée entre patrimoine et création.

     

     

     

    « Dès le premier visionnement de La Grève, au moment où je devais choisir le film sur lequel j’allais travailler, j’ai été fasciné de prime abord par la dimension rythmique, gestuelle et articulatoire de ce film. La Grève reste pour moi un tableau ; tableau en mouvements, où le noir et le blanc deviennent couleurs, où la force d’une séquence est indissociable du tout,

    dans sa pertinence structurelle. La Grève, film muet, se détache ainsi de la parole, véhicule les symboles d’un monde bouleversé, transmet, jusqu’à aujourd’hui, et c’est là sa force, les questionnements de l’homme, le sens même de l’existence.

     

    Pourtant, c’est par la dynamique de l’image, les contrastes prononcés du rythme des séquences, la mise en scène excessive (devenant allégorie) qu’une dimension philosophique peut naître et non pas par une simple mise en image d’acteurs ou d’histoires charismatiques (comme le cinéma peut le faire bien souvent aujourd’hui). On voit bien alors comment l’idée musicale peut naître dans l’esprit du compositeur : la musique est art du temps et de l’espace, du rythme et de la forme. Mettre ce film en musique ne consiste pas simplement à combler un silence (d’ailleurs Eisenstein le fait très bien tout seul !) mais plutôt à tisser des trajectoires, à renouveler l’espace de la projection dans une dimension sonore. Là est le projet de cette création : apporter un nouvel « éclairage » de l’œuvre cinématographique à travers une musique dont l’intensité veut côtoyer celle du film, induire un rapport de forces, concentriques ou divergentes, retrouver l’énergie de l’image pour mieux la déconstruire et en donner une « interprétation » sensible. »

     

     

    Pierre Jodlowski, compositeur

  • Crédits

    Réalisation : Sergueï M. EISENSTEIN

    Scénario : Valeri PLETNIEV, Sergueï M. EISENSTEIN, Grigori ALEXANDROV, I. KRAVTCHOUNOVSKY et le collectif du Proletkult

    Avec : Alexandre ANTONOV, Grigori ALEXANDROV, Maxime CHTRAUKH, Ivan KLIOUVKINE, Mikhail GOMAROV & Boris YOURTZEV

    Musique : Pierre Jodlowski (1998)

    Directeur de la photographie : Edouard TISSE

    Décors : Vassili RAKHALS

    Producteur : Boris MIKHIN

    Production : Goskino et Proletkult