Sanjuro
Tsubaki Sanjuro
Un film de Akira Kurosawa
Neuf jeunes samouraïs sont réunis pour célébrer leur victoire ; ils pensent avoir enfin réglé les problèmes de corruption qui gangrènent leur clan grâce à leur alliance avec l’inspecteur Kikui. Ils déchantent rapidement lorsqu’un inconnu leur annonce qu’ils ont été bernés par ce soi-disant allié. En effet, quelques minutes plus tard, Kikui leur tend un piège. Ils ne devront leur salut que grâce à l’aide de cet homme mystérieux. Il s’agit de Sanjuro, un ronin aussi fruste que fin stratège, qui décide de les prendre sous son aile…
Action - Japon - 1962 - 96 min - N&B - 2.35:1 - VOSTF - DCP - Visa n° 40073
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À propos
Suite à l’énorme succès de Yojimbo sorti l’année précédente, la Toho réclame une suite au plus vite. Un autre cinéaste est d’abord envisagé pour la tourner mais c’est finalement Kurosawa qui se retrouve à la tête du projet, avec le génial Toshiro Mifune à nouveau dans le rôle titre. Sanjuro joue constamment sur les apparences : il s’agit d’abord d’un film d’action qui n’en est pas vraiment un – les scènes de batailles ne sont pas si nombreuses, le réalisateur préférant mettre en avant l’importance de la stratégie dans les rapports de force entre les personnages. De même, Sanjuro s’avère être un tacticien hors pair sous des dehors d’homme vulgaire à l’allure débraillée, tout comme les alliés apparents des jeunes samouraïs complotent en réalité contre eux. Kurosawa s’amuse ici à démythifier le genre du film de samouraï au profit de la comédie, le constant décalage entre l’être et le paraître étant à l’origine de nombreuses scènes comiques – là où Yojimbo était davantage porté sur le cynisme, annonçant la vague des westerns spaghettis. En dépit de son intrigue centrée sur la lutte des clans, Sanjuro peut être envisagé comme un pamphlet contre la violence qui met à mal les traditionnels codes de l’honneur japonais. La célèbre scène des camélias en est un exemple criant, le héros parvenant à remporter la lutte finale à l’aide de simples fleurs, lui d’habitude si porté par les armes. Le ronin s’est finalement laissé convaincre par la femme du gouverneur pour qui « un bon sabre doit rester dans son fourreau ». Film au rythme implacable et au scénario brillant, Sanjuro est l’exemple type d’une suite réussie – et ayant même, pour certains, réussi à surpasser l’original.
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Crédits
Avec Toshiro MIFUNE, Tatsuya NAKADAI, Yuzo KAYAMA, Akira KUBO
Direction de la photographie Takao SAITO et Fukuzo KOIZUMI
Montage Akira KUROSAWA
Musique Masaru SATO
Scénario Ryuzo KIKUSHIMA et Akira KUROSAWA d’après l’œuvre originale de Shugoro YAMAMOTO
Réalisation Akira KUROSAWA -
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