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Tinimbang

Tinimbang Ka Ngunit Kulang

Un film de Lino Brocka

Kuala a perdu la raison, après avoir été contrainte à avorter par son amant, un homme marié nommé Cesar. Depuis, elle erre sans but à travers le village, subissant les moqueries de ses habitants. Junior, contrairement à son père, le fameux Cesar, qui n’a jamais cessé de courir après les femmes, est un adolescent sensible, follement épris de la jolie Evangeline. Jusqu’au jour où, las de se voir éconduit par sa bien-aimée, excédé par les sempiternelles disputes parentales, et écœuré par l’hypocrisie de son entourage, toujours prompt à faire la morale aux petites gens mais beaucoup plus permissif sur les agissements des notables, Junior décide de changer de camp. Il se rapproche alors des deux boucs émissaires de la ville : le couple formé par Kuala et Berto le lépreux, qui attendent un bébé…

Drame - Philippines - 1974 - 128 min - Couleurs - 1.37:1 - VOSTF

  • À propos

    « Situé à Nueva Ecija, la province rurale où Brocka a lui- même grandi, le film suit Junior, le fils sensible d’une famille aisée, et son amitié avec Berto, un marginal instable, raillé et craint par la communauté. Autour d’eux se déploie un monde façonné par les ragots, l’hypocrisie religieuse, les préjugés de classe et la cruauté déguisée en respectabilité. Comme l’a observé le critique Noel Vera, avec Junior, Brocka s’inscrit dans une tradition cinématographique qui s’étend des Vitelloni à The Last Picture Show : des portraits de jeunes provinciaux dont le passage à l’âge adulte se déroule à travers la désillusion et la découverte douloureuse de la réalité sociale.

    Plus que son intrigue centrale, ce qui donne au film sa force durable, c’est l’attention portée aux absurdités et aux cruautés de la vie provinciale quotidienne. Sa force émotionnelle se trouve avant tout dans Kuala et Berto, les figures les plus ostracisées de la communauté, et dans “l’histoire d’amour simple mais dévastatrice qui se trouve au fond de ce monde”. La compréhension qu’avait Brocka des marginaux de la société ne venait pas d’une distance, mais d’une familiarité intime avec l’exclusion et le jugement moral. Faisant un retour cinématographique dans les paysages de sa jeunesse, il transforme les rythmes en apparence tranquilles de la vie provinciale en un portrait poignant de la société philippine, où la morale catholique, les hiérarchies bien établies et les promesses de modernisation masquent des courants plus profonds de violence et de répression. En ce sens, Tinimbang anticipe déjà la force politique de l’œuvre ultérieure de Brocka sous Marcos : des films qui ont fait du cinéma lui-même un espace où les structures autoritaires pouvaient être confrontées et discrètement renversées de l’intérieur. »

    Cecilia Cenciarelli, co-directrice Il Cinema Ritrovato

  • Crédits

    Avec Lolita RODRIGUEZ, Christopher DE LEON, Mario O’HARA, Eddie GARCIA, Hilda KORONEL, Lilia DIZON, Laurice GUILLEN
    Scénario Mario O’HARA, Lino BROCKA
    Photographie Jose BATAC JR.
    Montage Augusto SALVADOR
    Musique Lutgardo LABAD
    Producteur Raul ROCO
    Réalisation Lino BROCKA

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