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Au cinéma en 2022

Damnation

Kárhozat

Un film de Béla Tarr

Karrer vit depuis des années coupé du monde. Il passe ses journées à errer dans la ville désoeuvrée, sous la pluie battante, et à observer ses habitants. Le soir venu, il se rend au Titanik Bar où se produit une séduisante chanteuse avec laquelle il entretient une liaison. Lorsque le tenancier du bar, Willarsky, lui propose de convoyer de la drogue afin de gagner un peu d’argent, Karrer lui suggère à la place d’employer le mari de la chanteuse. Il compte profiter de l’absence de ce dernier pour passer un peu de temps auprès de sa maîtresse…

Drame - 1987 - 121 min - N&B - 1.33 - VOSTF - DCP - Visa n° 82187

  • À propos

    Premier volet d’un triptyque composé des films Sátántangó (1994) et Les Harmonies Werckmeister (2000), Damnation marque également les débuts de la collaboration entre Béla Tarr et l’écrivain hongrois László Krasznahorkai, tous deux coauteurs du scénario. L’arrivée de cette nouvelle « recrue », avec son univers sombre et mélancolique, va coïncider avec la transformation stylistique du cinéaste. Quatre ans après Almanach d’automne, celui-ci adopte le plan-séquence et abandonne définitivement la couleur au profit du noir et blanc.
    Par ses déplacements lents et virtuoses qui rappellent le cinéma d’Andreï Tarkovski ou de Michelangelo Antonioni, la caméra de Béla Tarr observe ses personnages se débattre avec la vie. Les héros de Damnation semblent traverser l’existence en pointillé, sans jamais être réellement présents au monde. Certains personnages ne sont même pas nommés, soulignant par là leur absence d’identité propre. En revanche, le nom du bar où se retrouvent les protagonistes est pour le moins évocateur : à l’image du « Titanik », l’humanité représentée dans le film est vouée à sombrer. Le réalisateur joue ainsi de la correspondance entre les êtres et les lieux, la désolation des paysages faisant écho à la désolation du héros. Par sa mise en scène radicale, le cinéaste sublime autant les paysages dévastés de Hongrie que la misère humaine. Dans ce climat d’abandon et de perdition, rien ne vient perturber la vision sombre et désillusionnée du monde qui caractérise l’univers du cinéaste, alors que la chute du communisme et la désintégration du bloc soviétique se rapprochent inéluctablement.

  • Crédits

    Kárhozat – 1987 – Hongrie – 121 mn – N&B – Visa : 82 187 – 1.33:1 – VOSTF
    avec Miklós B. SZÉKELY, Vali KEREKES, Gyula PAUER, Hédi TEMESSY & György CSERHALMI
    écrit par László KRASZNAHORKAI et Béla TARR
    réalisé par Béla TARR